Vous avez hérité d’un bien immobilier avec d’autres membres de votre famille. Un frère qui refuse de vendre, une sœur injoignable depuis des mois, un cousin qui campe sur des prétentions de prix irréalistes. Le bien se dégrade, les charges continuent de tomber, et la succession n’avance pas. Cette situation a un nom : l’indivision successorale bloquée. Et elle concerne des millions de propriétaires en France.
L’INSEE estimait à 3,1 millions le nombre de logements vacants en France en 2025, et une part significative de ces biens est immobilisée précisément à cause de successions en indivision successorale qui n’aboutissent pas. Ce gaspillage immobilier a d’ailleurs pesé dans la décision du législateur d’agir : le 26 mars 2026, l’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité la loi visant à simplifier la sortie de l’indivision successorale, entrée en vigueur le 9 avril 2026. Une avancée réelle. Mais une avancée qui ne résout pas tout, et surtout pas rapidement.
Chez LITIGIMMO, nous accompagnons régulièrement des propriétaires piégés dans des indivisions bloquées. Notre constat est constant : la procédure judiciaire reste longue, coûteuse et épuisante, et pour beaucoup d’entre eux, vendre le bien en l’état à un acquéreur spécialisé est la décision la plus rationnelle, la plus rapide et souvent la plus rentable. C’est ce que cet article va vous expliquer.
L’indivision successorale : une situation plus fréquente et plus complexe qu’on ne le croit
L’indivision successorale est la situation dans laquelle plusieurs héritiers se retrouvent copropriétaires d’un même bien immobilier après le décès d’un proche, sans que leurs parts respectives ne soient matériellement divisées. Chacun détient une quote-part abstraite du patrimoine, mais personne ne dispose seul du bien. C’est une situation automatique à l’ouverture de toute succession impliquant plusieurs héritiers, et elle peut aussi naître d’un achat en commun entre concubins ou de la dissolution d’un régime matrimonial.
Ce qui rend l’indivision successorale particulièrement difficile à gérer, c’est le principe d’unanimité qui régit les décisions les plus importantes. En droit français, toute décision de vendre un bien indivis nécessite en théorie l’accord de l’ensemble des indivisaires. Un seul héritier qui refuse, qui ne répond plus, qui habite à l’étranger ou qui est tout simplement injoignable suffit à paralyser l’ensemble de la succession pendant des mois, parfois des années. La loi prévoit certes des mécanismes pour forcer la sortie de l’indivision successorale, notamment lorsque les deux tiers des indivisaires sont d’accord sur le principe de la vente. Mais ces mécanismes impliquent des démarches notariales et judiciaires dont les délais et les coûts restent dissuasifs.
Ce que change la loi du 7 avril 2026
La loi n° 2026-248 du 7 avril 2026, adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale, marque une avancée significative pour les familles confrontées à des indivisions successorales bloquées. Elle s’inscrit dans la continuité de la loi Letchimy de 2018 et introduit plusieurs changements concrets.
Le premier est la présomption de consentement de l’héritier silencieux. Jusqu’à présent, un héritier qui ne répondait pas à toute sollicitation pouvait bloquer indéfiniment la procédure sans prendre aucune décision. La réforme instaure un mécanisme selon lequel le silence prolongé d’un indivisaire, dans certaines conditions encadrées, peut être considéré comme une absence d’opposition, permettant ainsi aux autres héritiers de progresser. Le deuxième changement majeur concerne la vente dans l’urgence et l’intérêt commun : désormais, un indivisaire peut être autorisé par le juge à conclure seul un acte de vente portant sur un bien indivis, lorsque cette vente est justifiée à la fois par l’urgence et par l’intérêt commun des indivisaires. La réforme modernise également le partage judiciaire et facilite le traitement des héritiers injoignables ou disparus.
Ces avancées sont réelles. Mais elles ne transforment pas la procédure en solution rapide. Le recours au juge reste nécessaire dans les situations les plus conflictuelles, et les délais de traitement des tribunaux restent significatifs. Pour les propriétaires qui ont besoin de tourner la page rapidement, la procédure judiciaire, même améliorée, reste souvent une option trop longue et trop incertaine.
Les blocages concrets que vivent les indivisaires au quotidien
Les situations d’indivision successorale bloquée se ressemblent souvent, mais elles ont chacune leurs particularités. Certains héritiers refusent de vendre par attachement sentimental au bien, en particulier lorsqu’il s’agit de la maison d’enfance ou du logement d’un parent décédé récemment. D’autres s’y opposent pour des raisons stratégiques, espérant obtenir de meilleures conditions financières ou retarder une liquidation dont ils n’ont pas besoin immédiatement. D’autres encore sont simplement injoignables : partis à l’étranger, brouillés avec la famille, ou plongés dans leurs propres difficultés personnelles.
Pendant toute la durée du blocage, les charges continuent de courir pour l’ensemble des indivisaires. La taxe foncière est due chaque année. Les charges de copropriété, l’entretien du bien, les éventuels travaux urgents : tout cela pèse sur ceux qui veulent avancer, sans qu’ils puissent récupérer leur part et l’investir ailleurs. Et si le bien est occupé par l’un des héritiers sans verser d’indemnité d’occupation aux autres, la situation devient encore plus inéquitable et conflictuelle.
La dégradation du bien est une autre réalité que l’on sous-estime. Un logement laissé vacant pendant plusieurs années dans une indivision successorale bloquée se détériore inexorablement. Sans entretien régulier, sans occupant, sans travaux : les infiltrations s’installent, les équipements vieillissent, la valeur du bien diminue. Ce qui aurait pu se vendre 250 000 euros à l’ouverture de la succession peut valoir sensiblement moins après cinq ans d’inaction et de conflits.
Vendre le bien indivis en l’état : la solution méconnue et souvent la plus intelligente
Ce que beaucoup d’indivisaires ignorent, c’est qu’il existe une alternative concrète à la procédure judiciaire de partage ou de licitation : vendre le bien dans son ensemble à un acquéreur spécialisé, sans attendre que tous les héritiers se mettent d’accord. Cette solution, parfaitement légale, permet à ceux qui souhaitent avancer de le faire sans être bloqués par ceux qui refusent.
Lorsque les indivisaires consentants acceptent de vendre le bien en l’état à un acquéreur spécialisé, la transaction peut se conclure en 2 à 4 mois. L’acquéreur rachète le bien en connaissance de cause, avec l’ensemble des contraintes juridiques liées à l’indivision successorale ou à la succession en cours. Il prend ensuite en charge la résolution des éventuels litiges restants avec les héritiers réticents. Les vendeurs, quant à eux, perçoivent leur part du prix de vente et tournent la page définitivement.
Cette solution présente plusieurs avantages considérables par rapport à une procédure judiciaire. Elle permet de sortir de la situation en quelques semaines plutôt qu’en plusieurs années. Elle évite d’avoir à préfinancer des frais d’avocat, de notaire et de procédure dont le montant peut rapidement atteindre plusieurs milliers d’euros. Elle met fin immédiatement aux charges qui continuent de courir pendant toute la durée de la procédure. Et elle supprime l’incertitude inhérente à toute décision judiciaire, dont l’issue ne dépend jamais entièrement des parties.
Quelle décote faut-il anticiper ?
La décote appliquée lors de la vente en l’état d’un bien en indivision successorale varie selon plusieurs facteurs : la localisation du bien, la durée et la nature du blocage, le nombre d’indivisaires concernés et l’état général du logement. En pratique, elle oscille entre 10 et 40 % par rapport à la valeur de marché libre. Pour les biens bien situés dans des marchés tendus comme Paris ou les grandes agglomérations, cette décote est souvent dans le bas de la fourchette.
Mise en perspective avec le coût réel d’une procédure judiciaire de partage — frais d’avocat, frais de notaire, durée de la procédure pendant laquelle les charges continuent de courir, dégradation du bien laissé vacant — cette décote est très souvent inférieure au manque à gagner d’une procédure contentieuse menée jusqu’à son terme. Le calcul, rarement fait honnêtement au départ, change souvent la perspective des indivisaires lorsqu’ils le réalisent.
Dans quelles situations cette solution est-elle particulièrement pertinente ?
La vente en l’état d’un bien en indivision successorale est particulièrement adaptée lorsque les indivisaires qui souhaitent vendre n’ont pas la capacité ou la volonté de financer une procédure judiciaire qui peut durer plusieurs années. Elle convient parfaitement aux situations où le bien se dégrade faute d’entretien et perd de la valeur chaque mois qui passe. Elle correspond aux héritiers qui ont besoin de récupérer rapidement leur part pour financer un autre projet ou régler d’autres aspects de la succession. Et elle représente une sortie propre et rapide pour ceux qui sont épuisés par des années de conflit familial autour d’un bien immobilier et qui souhaitent simplement tourner la page.
LITIGIMMO peut intervenir à différents stades de la situation : en amont de toute procédure judiciaire, en cours de procédure, ou même lorsqu’une décision de licitation a déjà été prononcée. Dans tous les cas, nous analysons la situation, évaluons le bien et proposons une solution adaptée.
Comment LITIGIMMO vous accompagne dans la vente d’un bien en indivision
LITIGIMMO est la première agence immobilière spécialisée en France dans la vente de biens litigieux, dont les biens immobiliers bloqués dans des indivisions successorales ou post-communautaires. Notre expertise repose sur une connaissance approfondie des procédures juridiques applicables et sur un réseau solide d’acquéreurs spécialisés capables de se positionner rapidement sur des biens que les acheteurs classiques et leurs banques ne peuvent pas financer.
Notre accompagnement commence par une évaluation gratuite et confidentielle de votre situation. Nous analysons le bien, la configuration de l’indivision successorale, le nombre d’indivisaires concernés et leur position respective, et nous vous proposons une fourchette de prix réaliste. Cette première consultation ne vous engage à rien.
Si vous et les autres indivisaires consentants décidez de vendre, nous mettons votre dossier en relation avec des acquéreurs spécialisés qui peuvent formuler une offre ferme en quelques jours. La transaction se fait sur dossier, avec toute la transparence requise par la loi. Nous vous accompagnons de la première prise de contact jusqu’à la signature de l’acte authentique chez le notaire. Notre rémunération intervient uniquement si la vente est conclue : aucun frais en amont, aucun engagement financier de votre part avant la signature. LITIGIMMO intervient sur l’ensemble du territoire français.
Ce qu’il faut retenir
La loi du 7 avril 2026 améliore réellement le cadre juridique applicable aux indivisions successorales bloquées. Elle facilite la sortie de l’indivision, réduit le pouvoir de blocage des héritiers minoritaires ou silencieux, et modernise les procédures de partage judiciaire. C’est une bonne nouvelle pour les familles concernées.
Mais cette évolution législative ne transforme pas la procédure judiciaire en solution rapide. Dans les situations les plus conflictuelles, le recours au juge reste nécessaire, long et coûteux. Et pendant ce temps, le bien continue de se dégrader, les charges continuent de courir, et les relations familiales continuent de se détériorer.
Pour beaucoup d’indivisaires, la vente en l’état du bien à un acquéreur spécialisé reste la décision la plus rationnelle et la plus rapide pour sortir d’une indivision successorale bloquée. Si vous êtes dans cette situation et que vous souhaitez une évaluation gratuite et confidentielle, contactez LITIGIMMO. Nos experts analysent votre dossier et vous aident à prendre la décision la plus éclairée possible.
Questions fréquentes
Peut-on vendre un bien en indivision successorale si un héritier refuse ?
Oui, sous certaines conditions. Si les indivisaires représentant au moins deux tiers des droits indivis sont d’accord sur la vente, ils peuvent engager une procédure notariale et judiciaire pour forcer la vente. La loi de 2026 a par ailleurs étendu les possibilités en permettant au juge d’autoriser un indivisaire à vendre seul dans des cas d’urgence et d’intérêt commun. La vente en l’état à un acquéreur spécialisé, lorsqu’une majorité suffisante d’indivisaires y consent, reste la solution la plus rapide.
Combien de temps dure une procédure judiciaire de partage en 2026 ?
Malgré les simplifications apportées par la loi de 2026, une procédure judiciaire de partage ou de licitation reste longue. Dans les cas les plus simples, elle peut aboutir en 12 à 18 mois. Dans les cas complexes ou dans les tribunaux surchargés comme Paris ou Lyon, les délais dépassent régulièrement 3 à 5 ans. La vente en l’état via LITIGIMMO prend en général 2 à 4 mois.
Que se passe-t-il si un héritier est introuvable dans une indivision successorale ?
La loi de 2026 améliore le traitement des héritiers injoignables en instaurant une présomption de consentement sous certaines conditions et en créant des outils de recensement des biens abandonnés. En pratique, la situation d’un héritier introuvable complique encore les procédures. La vente en l’état à un acquéreur qui prend en charge ces complexités juridiques est souvent la seule solution réaliste pour avancer rapidement.
Quelle décote faut-il anticiper pour vendre un bien en indivision en l’état ?
Entre 10 et 40 % selon la localisation, la nature du blocage et l’état du bien. Cette décote est très souvent inférieure au coût réel d’une procédure judiciaire lorsqu’on intègre les frais de procédure, les charges courantes pendant toute la durée de la procédure et la dégradation du bien laissé vacant.
LITIGIMMO peut-il intervenir si une procédure judiciaire est déjà en cours ?
Oui, à n’importe quel stade. Que la procédure n’ait pas encore commencé, qu’elle soit en cours, ou qu’une décision de licitation ait déjà été prononcée, LITIGIMMO peut analyser votre situation et proposer une solution adaptée. Contactez-nous pour une évaluation gratuite et confidentielle.
LITIGIMMO intervient-il partout en France ?
Oui, sur l’ensemble du territoire français sans restriction géographique. Que votre bien soit situé à Paris, Marseille, Lyon, Bordeaux, Toulouse ou dans n’importe quelle autre région, nous pouvons traiter votre dossier et trouver des acquéreurs spécialisés adaptés à votre marché local.
L’entretien et la conservation d’un bien indivis nécessitent d’engager certains frais, et des désaccords peuvent voir le jour entre les indivisaires concernant les différents coûts.
Acquérir un bien en commun peut être une bonne opportunité permettant d’être propriétaire d’un bien plus grand, d’une résidence secondaire, ou encore de bureaux. Toutefois, il arrive que l’un des propriétaires qui souhaite vendre ledit bien acheté en commun se retrouve confronté au refus des autres propriétaires, dans ce cas la vente est remise en cause.
Acheter un bien immobilier propre en cours de procédure de divorce peut être envisagé par certains époux, mais cela peut être risqué pour les époux mariés sous le régime de la communauté.